Elle fumait des blondes ... ma blonde ... dans un drôle de monde où rien ne l' importait plus que le secret des volutes qu' elle conservait, quand tout autour d' elle la sombrait .
Elle ne se voulait pas dépendante ; elle ne l' était pas d'ailleurs . Pas même de la vie ... ni même de moi . Ce qui quelques fois pouvait faire souffrir ceux qui espéraient tant , et je ne crois honnêtement pas faire partie de ceux-là .
Elle fumait des blondes ... ma blonde ... uniquement pour avoir pendant les quelques secondes de son brasier intrinsèque, ce pouvoir éphémère d' éteindre toutes ces réflexions qui se tramaient toujours dans les méandres de sa jolie tête .
Je ne peux pas savoir si elle s'en voulait parfois de céder à la tentation de sa tige nicotinée ou si c' était le seul moyen crédible qui lui restait de lutter contre l'approchement des falaises tout autour d' elle . Je ne peux pas savoir, je vous dis . Je ne peux pas savoir .
Je ne sais même pas si elle en avait fait le symbole de sa force tranquille ou bien si ce n' était que l' apanage saisissant de la plus intime de ses faiblesses .
Elle fumait des blondes ... ma blonde ...dans un monde au contour micro-ondes où elle se consumera demain ... et encore demain ... à la faveur des volutes bleus ordinaires . D' amour aussi .
" Et si un jour tout nous consume, te souviendras - tu que je fus feu ...? "
... y .
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