Sous les aurores
d'une fin de nuit de Décembre où le givre, charmeur paisible, est
venu se perdre sur ma vie, le froid de l'hiver m'accueillait vers
ses précipices comme un maître des lieux m' entraînant vers un
banquet de collines glacées .
Je suis là
... comme tous les matins ... les mains gantées de laine
et le bout de nez refroidi à somnambuler tel un errant de
pacotille, recherchant un carrosse propulsé de
chevaux invisibles, que d'autres que moi nomment par le nom barbare
d' automobile .
5 h 30 ...
L' air est - 3 .
Autour de moi, la faune
de mon village se dessine par des forêts de volets clos derrière
lesquels bientôt, se pointera l'arôme des chocolats chauds
opportuns . Les façades des maisons ternies par le temps se
familiarisent comme elles le peuvent, à la lumière éternellement
suave des réverbères disséminés ici et là .
Les voitures, immobiles et
dociles, attendent en toute quiétude le retour imminent de leurs
maîtres respectifs et m'apparaissent pour l'occasion, un rien
paresseuses sous le poids du gel ayant envahie leurs silhouettes de
métal peinturluré .
Moi ... je souffle des volutes .
J'aime d'un coeur
d'enfant quand s'envolent par le simple écart de mes lèvres,
les errances désespérées des éclats de fumée marquant ,
par leur si simple présence, l'assaut logique des saisons froides
.
Pour l'instant, je suis
seul . Seul dans mon univers de banquise . Un peu comme si le monde
dans toute sa fragilité nocturne, me déroulait un tapis
blanc d' horizon pour que je puisse évoluer à son contact à la
manière d'un conquistador du temps qui passe .
Moi ... moi, je souffle des volutes .
Drapé dans mon manteau sombre se mariant à la nuit, je sourie au
contact charnel et fébrile de mon écharpe de laine se frottant à
mon cou . Ce matin, le froid ne gagnera pas . La morosité non plus
.
J'imagine, la tête ailleurs ... le corps un peu distrait ... que
plus loin, les champs des lointaines communes m'attendent toute
brume dehors, pour prolonger la poésie de l'instant . Ma clef
de contact se tourne à la seconde où le moteur
ronronne ...
Terre ... je vois terre !
Sur les
basses de ma radio, s'entrevolent des échos de Radiohead
me fredonnant en douce harmonie No alarms, no
surprises . Mon coeur d'explorateur du commun en chavirera
pendant longtemps des louanges .
Et moi
... moi ... moi, je souffle des volutes .
" La vie
simple est un conte de nous , à l' instant où
l' on accepte de devenir le héros
modeste de son histoire ...! "
... y .
*
"
Souhaitons l' Amour ... La Mort peut attendre .
"
Tous des anges *
&
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